Tueries du Brabant wallon: enquête à la Cellule (02/02/2010)
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Soupçons sur un chef d’enquête, déjà limogé. Instruction chez la juge Francotte. Une arme proche de Bultot
BRUXELLES Le Procureur général près la cour d'appel de Mons confirme l'ouverture d'une instruction impliquant un policier membre de la "Cellule Brabant Wallon" en charge de l'enquête sur les tueries, a-t-on appris mardi midi dans un communiqué du Cabinet du Procureur général. La Cellule Brabant wallon en charge du plus lourd mystère policier belge – 28 victimes tuées entre septembre 1982 et novembre 1985… et pas l’ombre d’une solution à ce jour – traverse des heures difficiles.
Son plus ancien enquêteur, le commissaire L., a été longuement entendu, hier, par le comité P., dans le cadre d’un dossier à l’instruction, au parquet de Charleroi, dans le cabinet de la juge, Mme Brigitte Francotte. Il a en outre été perquisitionné.
Le policier serait même déjà écarté de la Cellule Brabant wallon, ce qui constitue un séisme : sans en être le patron, ce qu’il fut, il figurait dans le top de tête des neuf derniers policiers en charge du dossier. C’est le policier dont le témoignage a souvent pesé lourd devant les deux commissions d’enquête parlementaire et sur les plateaux de télé.
Il appartenait à la Cellule depuis le milieu des années 1980 : 25 ans. Des centaines de P.-V. dans ce dossier portent sa signature.
Selon nos infos toujours, un volet porterait sur des faits à caractère financier mais privés et sans incidence sur l’enquête proprement dite.
En parallèle, des interrogations touchent au dossier des tueries; ainsi des irrégularités de procédure après la saisie déjà ancienne d’une arme dans l’entourage ou chez Jean Bultot, l’ancien directeur-adjoint de la prison de Saint-Gilles.
L’intéressé n’était pas joignable hier. Tout au long de l’après-midi, le parquet de Charleroi se refusait à tout commentaire. En fin d’après-midi encore, le magistrat de presse relayait : “Les instructions du procureur du Roi, M. De Valkeneer, est qu’on ne communique pas sur cette affaire” , confirmant implicitement… l’existence d’une affaire.
Le policier écarté de la Cellule Brabant wallon aurait déjà reçu l’ordre de rejoindre son unité de base, la police judiciaire fédérale de Dinant.
Un coup dur pour l’enquête, car s’il est vrai que personne n’est indispensable, le commissaire était l’un des deux ou trois derniers encore capable de s’y retrouver dans ce dossier infernal de plus de deux millions de pages.
Le Comité P. l’attendait, ce week-end, à son retour de Floride.
La prudence s’impose. Sans parler de la présomption d’innocence, l’affaire éclate dans un milieu où les jalousies de collègues sont féroces.