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11 septembre 2001 : deux Boeing détournés s’écrasent sur les tours jumelles du World Trade Center, un troisième sur le Pentagone, un quatrième non loin de Pittsburgh. Principal suspect de l’organisation de cette attaque terroriste sans précédent : Oussama Ben Laden, qui se trouverait actuellement en Afghanistan, où il bénéficierait du soutien du régime des taliban. Deux jours plus tôt, le 9 septembre, le commandant Ahmad Shah Massoud, leader de l'Alliance du Nord, l’un des principaux groupe de résistance afghane contre ces mêmes taliban, était victime d’une tentative d’assassinat. Son état de santé reste très incertain. L'agence Afghan Islamic Press, proche des taliban, a annoncé sa mort vendredi en fin d'après-midi ; peu après l'annonce d'AIP, le Collectif Liberté Afghanistan tentait de joindre les proches de Massoud en Afghanistan et n'a pour l'instant ni confirmé, ni démenti la nouvelle de cette mort. Pour l’heure, Massoud a été remplacé par son ancien chef des services de renseignement, le général Mohammad Fakhim.
"Il fallait que Massoud soit éliminé avant les attentats"
Pour divers spécialistes de l’Afghanistan, ces attentats à deux jours d’intervalle ne doivent rien au hasard. L’ambassade d’Afghanistan à Paris souligne la "parfaite ressemblance" entre les attentats aux Etats-Unis et "la tentative d’assassinat du commandant Massoud : utilisation de commandos-kamikazes, nationalités arabes des exécutants, absence de revendication officielle." Michael Barry, un des meilleurs spécialistes de l’Afghanistan, va plus loin : selon lui, la tentative d’assassinat contre Massoud était un préalable indispensable aux attaques contre le World Trade Center et le Pentagone. Elle a, de plus, nécessité des moyens et un degré d’organisation très importants, équivalents à ce qui a été nécessaire pour préparer les attentats commis aux Etats-Unis.
Les auteurs de la tentative d’assassinat contre Massoud, détenteurs de passeport belges, se sont présentés comme des Marocains. Mis en présence de Massoud, ils se sont transformés en bombes humaines. Or, souligne Michael Barry, "quand un Palestinien devient ‘candidat au suicide’ en Israël, il faut garantir l’avenir financier de sa famille, ce qui coûte très cher. Pour convaincre deux Marocains d’aller éliminer Massoud, qui se trouve à l’autre bout du monde musulman, la compensation financière a dû être énorme." Voilà pour les moyens financiers.
Une logistique énorme
Il a fallu par ailleurs transporter ce commando jusqu’en Afghanistan. Michael Barry détaille les étapes de ce voyage : "ils sont tout d’abord convoyés à Londres, où ils reçoivent de l’ambassade du Pakistan des visas multiples entrées et sorties, ce qu’aucun journaliste occidental ne peut obtenir. De là, ils sont transportés à Islamabad, puis à Kaboul, où ils ont une semaine d’entretiens avec les dirigeants taliban. Ils retournent à Islamabad, avant d’être transportés par avion à Duchambé, la capitale du Tadjikistan. Ils restent là deux semaines, se font passer pour des journalistes d’une agence de presse arabe (ils ont effectivement des caméras) et attendent l’hélicoptère qui les transportera jusqu’au territoire contrôlé par Massoud. Une opération extrêmement lourde et coûteuse…" Voilà pour la logistique et l’organisation.
La raison d’une telle opération ? "Il fallait que Massoud soit éliminé avant l’attaque du World Trade Center", affirme Michael Barry. "Car Massoud vivant et en bonne santé, capable de mener ses troupes, pouvait être un point d’appui pour une riposte occidentale de l’intérieur de l’Afghanistan. En éliminant Massoud, plus d’opposition afghane structurée." De fait, des représentants de la Russie, de l'Inde, de l'Iran et d'autres Etats hostiles aux taliban se sont retrouvés jeudi au Tadjikistan ; ils s’interrogent sur les moyens d’aider l'opposition afghane, seule depuis 1996 à lutter contre les taliban.
Photo d'ouverture : le commandant Masoud, avant la tentative d'assassinat - AFP
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Mon Dieu , aidez-moi à la fermer jusqu' à ce que je sache de quoi je parle .